BILL: La chanson n'évoque pas quelque chose d'aussi concret qu'une révolte ocntre l'école, les adultes ou je ne sais quoi. C'est plus général. C'est contre tout ce qui empêche quelqu'un de vivre ses rêves, d'être soi-même. "Schrei" n'est donc pas uniquement concentré sur l'école, c'est plus un cris contre le côté chiant du quotidien, un cri contre les choses qui te font renoncer à tes rêves les plus fou. Quelque part, j'ai écrit ce texte pour lutter contre toutes ces entraves, qu'on soit à l'école et ailleurs.
En enregistrant "Schrei", pensiez-vous que ça allit être un aussi joli succès?
GUSTAV: En fait, on a jamias imaginé avoir autant de succès. Que se soit avec cette chanson ou une autre. D'ailleurs notre maison d disque n'a pas misé sur ce titre plus qu'une autre. Ce qui est marrant, c'est que c'est complétement différent suivant les pays. On a la chance d'avoir un public qui aime toutes nos chansons et pas une en particulière.
BILL: Tu sais, chaque morceau raconte un bout de notre histoire et c'est peut-être ce qui plaît. Dans "Schrei", c'est vrai que c'est une chanson qui nous résume bien, qui correspond exactement à ce que nous sommes. La preuve: notre public s'est tout de suite retrouvé.
Dans "Durch den monsun", il y a une évocation tourmentée de la nature pour parler d'amour. C'est votre côté romantique qui ressort?
BILL: Non, je me sers de ces images pour raconter quelque chose, c'est juste une allégorie. J'évoque des thématiques beaucoup générales comme l'amour et m'amitié aussi. Parler de la nature tourmentée, des tempêtes, c'set évidemment pour souligner que, dans la vie,il y a des bons et des mauvais côtés et que chacun doit s'accrocher à ses croyances, à ses rêves. Evoquer les vents mauvais, c'est pour signifier qu'il faut parfois lutter pour y arriver afin de ne pas renoncer à ses propres espérances. J'ai juste joué avec des images. De toute façon, j'ai un imaginaire qui m'est propre, et je crois que tout le monde développe le sien. Chacun peut donc interpreter cette chanson à sa guise.
Je me trompe si je vous dit que "Leb' Die sekunde", littéralement "profite de l'intant présent", montre que vous avez envie qu'il se passe plein de chose dans votre vie?
BILL: C'est vraiment tout à fait ça, c'est ocntre l'ennui, c'est vraiment un appel à vivre, à profiter de la vie, c'est vraiment "carpe diem". J'ai écrit cette chanson à l'âge de neuf ans. Il y a beaucoup de versions différentes de ce titre suivant les périodes. C'est vraiment l'un de nos plus vieux morceaux. Ca signifie qu'il faut se donner des buts dans la vie, tout faire pour les atteindre, et ne pas perdre une seule seconde. C'est vraiment contre l'ennui, car je l'ai composé chez moi pour ne pas m'ennuyer. Je me disais: "Que pourais-je bien faire. Bah écrire une chanson, c'était plutôt cool comme idée?"
LES TROIS AUTRES(en choeur):Ah oui, c'est une bonne solution (rires)!
Justement, vous avez une tendresse particulière pour vos premières chansons?
BILL: Oui et non. De la tendresse parce que tous nos titres racontenet nos histoires, des morceaux de nos vies. C'est vrai que certaines nous rappelle de bons souvenirs, de moins bons aussi. Comme les plus vieilles chansons sont celles avec qui on a le plus vécu, c'est vrai aussi qu'on a eu le temps de les faire évoluer. Mais on éprouve autant de plaisir à jouer nos nouveaux morceaux, à les découvrir en même temps qu'on les compose.
Certains titres sont-ils plus difficiles à interpréter que d'autres? Je pense à "Rette Mich" qui évoque une histoire d'amour qui finit mal...
TOM: Non, mais c'est l'unique ballade sentimentale sur le disque. Effectivement, on parle d'un amour qui se déchire, d'une séparation, c'est pour cela que le morceau est un peu plus lent et plus triste aussi.
BILL: Quand on connaît un chagrin d'amour, on apprend plus sur soi et sur la vie. Lorsque les histoires d'amour se passent bien, ça m'inspire moins pour écrire des chansons. C'est par les expériences tristes ou les erreurs qu'on peut commettre qu'on arrive à grandir et qu'on aspire à devenir meilleur et plus adulte. La tristesse, le pardon, une source importante d'inspiration pour Tokio Hotel.
"Freund Bleden", j'ai entendu dire que ça parlait de vos copains de cours que vous n'aimez pas. C'est vrai?
TOM: Oui, un peu. C'est vraiment une chanson dont le credo est:"y'a pas besoin de faire semblant d'être ami quand en faite, ce n'est pas le cas". Tu vois, si on fait un parallèle avec notre vie actuelle, c'est un texte contre les hypocrites qu'on rencontre parfois. Les gens sont désormais très gentils avec nous, ou nous faltte pour obtenir de nous quelque chose en retour. On est lucide mais on préfère une vrai amitié, que les sentiments soient clairs, directs et partagés. Quand tu fais ce métier, tu n'as pas de temps à perdre avec les gens faux et superficiels. Dans cette chanson, on est très sincère envers les faux-semblants de la vie, les fausses politesses et tout le toutim. L'amitié, pour moi, c'est vraiment sacré. On est ami, ou on ne l'est pas.
Justement, dans "Ich bin nich'ich", ça parle des vérités qui sont dures à dire, comme le moment propiceoù l'on doit quitter lêtre cher que l'on aime plus. Une autre sorte d'hypocrisie?
TOM: Non, cette chanson parle d'amour, de rupture, de désespoir aussi. Parfois, les choses ne se passent pas comme on le désire. On ne se reconnaît plus, on ne reconnaît plus la personne qu'on a aimé, on arrive plus à être soi-même, un peu comme un corps sans âme. A tel point qu'on arrive plus du tout à savoir où on en est, qui on est, etc... Dans le bonheur, on a l'impression de tout savoir sur soi. Mais quand tout va mal dans une relation amoureuse, on ne sait absolument plus où l'on est, et l'on peut perdre pieds.
Perdre pied jusqu'au suicide?
TOM: Non, pas jusque là. Le suicide est un thème que j'aimerai bien aborder un jour dans une chanson. C'est étrange pour une raison ou pour uen autre qu'on puisse à ce point perdre le goût de la vie. Mais, là, je ne parle pas que de quelqu'un qui s'est enfermé dans une cage en or, qui perd complétement le sens des réalités et qui se dégoûte. Je te rassure, ce n'est pas moi (rires)!
Dans les textes les plus sombres, avez-vous peur d'être mal compris par vos fans.
BILL: En faite, dans chaque chanson, on raconte nos propres histoires. Du coup, c'est difficile de prévoir la réaction du public. Evidemment, chacun est libre de réagir comme il veut et d'interpréter nos textes par rapport à sa propore expérience. Et si nos morceaux peuvent aider des gens dans des moments difficiles de leur vie, c'est uen grande satisfaction et une nouvelle responsabilité pour nous.
Dans "Lass uns hier raus", que signifie cette phrases: "l'Allemagne a besoin d'une nouvelle star, pas d'abrutis!"?
BILL: Notre rêve de faire de la musique est au dessus de tout, notamment de tout le business qu'il y a autour. Tu sais, on rencontre vraiment beaucoup de gens qui ne font pas de la musique pour des raisons artistiques mais qui font du commerce pour amasser de l'argent. Ce que je veux dire, c'est que, dans le groupe, on veut être de vrais artistes. Voilà, c'est ça qui est important à nos yeux. Pour nous, lemot "star", c'est être un vrai artiste. Ca n'a rien à voir avec tous ces idiots qu'on trouve dans le show-business, tous ces gens sans talents qui ne sont là que pour l'argent! On est pas comme ça.
C'est parfois difficile de savoir qui vous avez en face. C'est comme le succès, ça peut vous échapper. Ce n'est pas votre cas, mais vous avez peur que cela vous arrive un jour?
BILL: Evidemment, on ne peut pas savoir comment ça va évoluer, on espère ne pas connaître la disgrâce de notre public. On ne veut pas les décevoir surtout. Qui peut savoir combien de temps l'euphorie qui nous entoure va durer? En ce moment, on est en plein dedans mais ça peut changer. C'est pourquoi on donne beaucoup, travaille beaucoup aussi. Ce que je souhaite le plus, c'est vraiment continuer à faire des chansons, à vivre à fond notre histoire, notre vie de groupe comme à nos débuts.
Avec le succès, les magazines plus à votre vie et moins à votre musique. Et parlent plus de ce que vous êtes et moins de ce que vous faites. Est-ce que ça vous gène?
TOM: Je pense qu'on ne peut vraiment jamais séparer les deux, c'est vraiment un ensemble. En faite, je trouve ça bien qu'on parle à la fois de l'artiste, ce qu'il fait, des chansons, de sa biographie et de son look, de sa façon d'être parce que c'est un tout. Dans Tokio Hotel, on le voit comme ça.

